France / Polémique
Qui veut travestir les études sur le genre?
Judith Butler © Urban Zintel pour PM
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Cet article est issu du numéro 77 de Philosophie magazine « 77 - Mars 2014 », en kiosque le 20 février 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les «gender studies», domaine de recherche cher aux universités américaines, sont accusées de pervertir insidieusement l’éducation des enfants. Mais, au fait, que dit la « théorie du genre » ?
«Soit on accepte la théorie du genre (ils vont enseigner à nos enfants qu’ils ne naissent pas fille ou garçon, mais qu’ils choisissent de le devenir ! Sans parler de l’éducation sexuelle prévue en maternelle à la rentrée 2014 avec démonstration et apprentissage de la masturbation dès la crèche ou la halte-garderie…), soit on défend l’avenir de nos enfants.» Ce message appelant à boycotter les établissements scolaires a été reçu par de nombreux parents, entraînant un absentéisme inhabituel. Il émane d’un collectif, baptisé JRE (Journée de retrait de l’école), conduit par Farida Belghoul, proche de la formation Égalité et Réconciliation d’Alain Soral. La polémique prenant de l’ampleur, les politiques ont répliqué, mais ils l’ont fait avec plus de démagogie que de pédagogie – le ministre Vincent Peillon a affirmé que l’Éducation nationale « refuse totalement la théorie du genre », tandis que Jean-François Copé a déclaré être « choqué par la théorie du genre » et comprendre les inquiétudes des parents.