Exercice de rhétorique n°8/Le corrigé
Rentrez dans l’opposition !
©David Crocket/Getty images
Cet article est issu du Hors-série n°N° 51 de Philosophie magazine « L’art de bien parler », en kiosque le 18 novembre 2021. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
1. La thèse de A est : « Il faut, quoi qu’il arrive, installer l’auvent ce soir. » Son premier argument est : « Parce que ça débarrasse l’intérieur de la caravane. » B n’attaque pas cet argument. Le second argument de A est : « parce que, comme ça, je me sens en vacances dès demain matin ». En guise de riposte à cet argument, A remet en cause de manière contradictoire le lien de causalité (C2) entre « Il faut installer l’auvent de la thèse et il faut se sentir en vacances » de l’argument.
2. La thèse de A est : « Il faut blâmer Alex d’avoir lâché brusquement son pressing pour la pâtisserie. » L’argument de A est : « Parce que ça met son fils en difficulté. » B attaque la prémisse manquante du syllogisme : « Il faut éviter de mettre un fils en difficulté. » B dit qu’il n’adhère pas à cette thèse dans le cas spécifique du fils d’Alex. Il s’emporte et va jusqu’à se mettre en opposition contraire (D1) à cette thèse, soutenant la thèse : « Il faut qu’Alex mette son fils en difficulté » avec l’argument « parce que ça va faire du bien au fils, le réveiller ».
3. Il n’y a pas de débat dans ce dialogue.
4. La thèse de B est : « Il faut rétablir la disposition traditionnelle des pupitres dans les classes. » Son argument est : « Parce que ça lutte contre la tendance naturelle des enfants à la distraction. » Le directeur attaque l’idée de la tendance naturelle qui est en effet une thèse logée dans l’argument, contre laquelle il s’insurge en passant de manière contradictoire (B2). L’opposition à la thèse de B par A est contraire, pour lui il ne faut surtout pas abandonner la disposition en îlots. Un premier argument hédonique et pragmatique est : « Parce que l’ambiance est plus cordiale, plus commode. » Un autre argument, éthique cette fois, insiste sur l’injustice faite à la majorité des élèves qui, eux, n’ont pas de problèmes de concentration : « Parce qu’il ne faut pas sacrifier le plaisir et le confort de tous les élèves pour garantir l’attention de seulement deux ou trois. » B ne réagit pas à ces arguments, mais produit un contre-argument pour sa propre thèse : « Parce que la disposition traditionnelle habitue les élèves à travailler dans l’ordre. » A attaque frontalement (D1) la prémisse manquante du syllogisme : « Il faut habituer les élèves à travailler dans l’ordre », en prétendant qu’une telle volonté est contre-productive, que c’est les habituer à travailler dans le désordre qui est au contraire souhaitable.