Biologie / Espèces disparues
Ressusciter le mammouth, ou les voies de la désextinction
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Cet article est issu du numéro 82 de Philosophie magazine « 82 - septembre 2014 », en kiosque le 21 août 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La récente découverte d’une carcasse presque intacte d’un de ces pachydermes disparus il y a dix mille ans laisse à penser que sa renaissance est possible. Un défi scientifique mais aussi éthique.
Depuis sa découverte, il y a un peu plus d’un an, sur l’île de Maly Liakhovski, dans l’océan Arctique, la carcasse d’une femelle mammouth, vieille de 43 000 ans, ne cesse d’étonner les chercheurs. Tombé à l’époque dans un trou de glace, l’animal avait en partie été dévoré, tandis que son tronc et ses jambes, capturés dans la glace, avaient traversé le temps. Les cellules retrouvées dans le sang et sur certaines parties de son cadavre laisseraient aujourd’hui entrevoir la possibilité de faire renaître cette espèce, disparue depuis dix mille ans.
Ce qui ouvre à une question fondamentale qui divise scientifiques et écologistes : en admettant que nous en ayons la capacité, faudrait-il recréer les espèces disparues et ouvrir ainsi l’ère de la « désextinction » ? « Les données que nous sommes en passe de recueillir nous donneront une grande chance de cloner le mammouth », affirmait en mars dernier au Siberian Times, Radik Khayrullin, vice-président de l’Association russe d’anthropologie médicale. Et il ajoutait : « C’est une chose de le faire pour des raisons scientifiques, c’en est une autre de satisfaire notre curiosité. » On imagine en effet l’intérêt touristique qu’il pourrait y avoir à ouvrir des parcs d’attractions rassemblant les espèces disparues ou en voie de disparition.