Sadik al-Azm : « Les Frères musulmans ne pourront pas dominer le Parlement »

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Cet article est issu du numéro 58 de Philosophie magazine « 58 - avril 2012 », en kiosque le 29 mars 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

C’est le plus célèbre des penseurs syriens. Sadik al-Azm est « l’athée officiel du monde arabe ». Pour Sadik al-Azm, une laïcité garantie par les militaires serait un moyen d’empêcher une vendetta contre les minorités une fois le régime tombé.

 

Peut-on comparer les printemps arabes aux révolutions européennes des deux derniers siècles ?

Le point commun entre les mouvements européens et ce qui se déroule actuellement dans le monde arabe est la croyance en l’idée de progrès. C’est une notion très importante pour une culture comme la nôtre, qui se bat pour la modernisation. On pourrait également comparer le printemps arabe aux grèves générales telles qu’elles furent pratiquées en Europe aux XIXe et XXe siècles. Les masses égyptiennes ont ainsi totalement paralysé l’Égypte jusqu’à ce que le dictateur jette l’éponge.


Et en Syrie ?

En Syrie, les comités révolutionnaires locaux ressemblent aux soviets tels qu’ils fonctionnèrent pendant la Révolution russe jusqu’au début de la création de l’Union soviétique, ou encore en Allemagne en 1918. Ils se constituent sponta-nément, sont des lieux de théorisation, fonctionnent de manière démocratique et travaillent en coordination. On ne peut qu’être étonné par l’absence de dirigeant charismatique. La situation en Syrie me rappelle donc les révolutions européennes par la spontanéité dont font preuve les masses. L’opinion publique arabe croyait jusqu’à maintenant avoir impérativement besoin d’une idéologie, d’un parti et d’un leader charismatique à sa tête. Or ce cadre ne permet pas de comprendre ce à quoi nous avons affaire maintenant. Les comités locaux agissent spontanément, sans se soucier de ce que font ou feraient les politiques.

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