Stratagème n°29. Renversez la charge de la preuve

Temps de lecture : 2 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 71 de Philosophie magazine « 71 - été 2013 », en kiosque le 04 juillet 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Comment s’en servir

Votre adversaire exige plus de preuves que vous n’en donnez, retournez la situation et dites que c’est à lui de prouver ce qu’il affirme. Pour vous, la cure psychanalytique est utile, parce qu’elle rend les gens heureux, ce qui est un gage de bonheur pour les autres. Pour votre adversaire, cette thérapie présente des effets moraux déplorables, car ceux qui en ont mené une avec succès sont trop égocentrés. Rétorquez-lui : « Ce n’est pas à moi de prouver que la psychanalyse rend altruiste mais à vous de montrer qu’elle favorise l’égocentrisme. » Cette méthode est très codifiée en droit civil, lequel repose sur le principe que « la charge de la preuve incombe au demandeur » et que c’est la loi qui dit quand cette charge peut être retournée, ce qu’on appelle la « présomption légale ». En l’absence d’une telle codification, cet argument cache un sophisme qui consiste à tenir pour vrai ce qui ne peut pas être établi comme faux. Bertrand Russell dénonçait ce procédé avec une théière : « Si je suggérais qu’entre la Terre et Mars se trouve une théière de porcelaine en orbite elliptique autour du Soleil, personne ne serait capable de prouver le contraire pour peu que j’aie pris la précaution de préciser que la théière est trop petite pour être détectée par nos plus puissants télescopes » (Is There a God ? [« Y a-t-il un dieu »], 1952).

Cet article est réservé aux abonnés