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Travail / Loisir

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Travail / Loisir

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Cet article est issu du numéro 58 de Philosophie magazine « 58 - avril 2012 », en kiosque le 29 mars 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Nous n’avons jamais eu autant de temps libre. Pourtant, le travail est au centre de nos préoccupations. Entre épuisement et épanouissement, hors du labeur point de salut ?

Moins le travail occupe notre temps, plus il nous prend la tête. Voilà l’un des grands paradoxes de l’âge contemporain. En effet, d’un côté, le labeur représente désormais une part infime de nos existences, puisqu’il commence plus tard (vers 23 ans), finit plus tôt (vers 65 ans), avec une durée hebdomadaire moindre (trente-cinq heures), alors même que nous vivons plus longtemps que jadis (en moyenne 80 ans). Après un rapide calcul, cela représente environ 10 % de notre temps de vie ! Mais, d’un autre côté, jamais ce travail n’a été autant l’objet de nos soucis et de nos préoccupations : c’est la grande angoisse de ceux qui n’en ont pas encore (les jeunes) ou qui n’en ont plus (les chômeurs) ; et c’est la grande souffrance de ceux qui en ont mais qui trouvent toujours qu’ils en ont trop ! La pression, le stress, le harcèlement moral tendent à se substituer à la pénibilité et à l’usure physique d’autrefois.

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