La galaxie Merleau-Ponty

Un philosophe sensationnel

Temps de lecture : 4 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 134 de Philosophie magazine « Pourquoi sommes-nous si fatigués ? », en kiosque le 24 octobre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Une sensation, ça trompe énormément ? Peut-être, mais là n’est pas la question. Et si on se concentrait plutôt sur ce qui se produit dans notre corps et notre esprit lorsque nous percevons ? C’est le défi lancé par Merleau-Ponty à la philosophie. Résultat : cette dernière découvre qu’elle est une opération non seulement de l’esprit, mais aussi du corps !

Ceux qu’il a lus

René Descartes (1596-1650)

Pour Descartes, l’existence d’autrui est une énigme. Comment s’assurer que les autres sont des êtres humains doués de conscience et non des automates ? s’interroge-t-il dans la deuxième Méditation métaphysique. Merleau-Ponty lui oppose le point de vue phénoménologique : « Par la réflexion phénoménologique, je trouve la vision, non comme “pensée de voir”, selon le mot de Descartes, mais comme regard en prise sur un monde visible, et c’est pourquoi il peut y avoir pour moi un regard d’autrui. »

Edmund Husserl (1859-1938)

Au fondateur de la phénoménologie, Merleau-Ponty emprunte surtout la notion d’intentionnalité, soit l’idée que la conscience est toujours conscience de quelque chose et qu’elle ne peut être comprise indépendamment de son ouverture au monde. Il emploie une image géométrique pour en préciser sa propre définition, celle de la conscience comme pli momentané dans le monde. On peut penser aux modélisations de l’espace-temps avec les objets massifs comme les planètes et les étoiles qui en déforment la structure et attirent ce qui passe dans leur champ de gravitation.

Henri Bergson (1859-1941)

En distinguant deux types de mémoire, l’une qui emmagasine les événements et les sensations, comme pour constituer une bibliothèque d’images, et l’autre, ancrée dans le corps, qui fait des souvenirs le moteur de l’action présente, Bergson fragilise la frontière entre corps et esprit, tous deux pris dans la durée. « La durée est le milieu où l’âme et le corps trouvent leur articulation parce que le présent et le corps, le passé et l’esprit, différents en nature, passent pourtant l’un dans l’autre », commente Merleau-Ponty.

Cet article est réservé aux abonnés
Les concepts liés à cet article

Dualisme FacultéIllusionVie