Histoire des idées

Vie bonne, modes d’emploi

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Cet article est issu du numéro 140 de Philosophie magazine « 140 - juillet 2020 », en kiosque le 18 juin 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Bonheur, joie et plaisir ne sont pas synonymes. Ils renvoient à des choix et à des références philosophiques bien distinctes. Pour vous y retrouver, consultez notre carte.

 

LES ÉTHIQUES DU BONHEUR

Elles estiment que toute notre vie et notre activité morale sont dirigées vers la recherche du bonheur (eudaimonia en grec, ce qui a donné le terme « eudémonisme » en français), posé comme Souverain Bien. Leur définition du bonheur diffère néanmoins.

 

Les eudémonistes vertueux ▼


Platon (428-348 av. J.-C.)

Pour lui, le bonheur résulte d’une harmonie intérieure et politique atteinte grâce à quatre vertus (sagesse, courage, tempérance, justice).

À lire : République.

 

Aristote (v. 384-322 av. J.-C.)

Le bonheur se trouve dans la vertu entendue comme adéquation parfaite de l’être et de sa fonction. Le propre de l’homme étant la raison, il trouvera son bonheur dans la contemplation intellectuelle et dans l’action réglée par la raison.

À lire : Éthique à Nicomaque.

 

Sénèque (v. 4 av. J.-C.-65 apr. J.-C.)

Le bonheur sera atteint par un accord volontaire de soi-même avec l’ordre cosmique en distinguant ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. La vertu est le nom donné à cette harmonie.

À lire : De la vie heureuse.

 

Søren Kierkegaard (1813-1855)

Choisissant le pseudonyme de l’« Assesseur Vilhelm » pour incarner le stade éthique, il prône un bonheur qui s’enracine dans « le choix de soi-même » : des engagements de vie qui offrent une continuité existentielle à la personnalité (le mariage, un travail, des amitiés fidèles…).

À lire : Ou bien… Ou bien.

 

Et aujourd’hui ? ▼


André Comte-Sponville  

Penseur matérialiste conscient du tragique de l’existence, il trace un chemin escarpé vers le bonheur.

À lire : Le Bonheur, désespérément (Librio, Flammarion, 2000).

 

Luc Ferry 

Proposant une spiritualité sans Dieu, il cherche dans l’histoire de la philosophie des ressources pour une sagesse orientée vers le bonheur.

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