Europe / Finance
Wolfgang Streeck: “Avec Juncker, on a fait d’un mouton noir le gardien du troupeau!”
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Cet article est issu du numéro 86 de Philosophie magazine « 86 - février 2015 », en kiosque le 15 janvier 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le scandale LuxLeaks, qui a mis au jour le rôle des paradis fiscaux – et notamment celui du Luxembourg longtemps dirigé par l'actuel président de la Commission européenne – dans l'exil fiscal des grandes entreprises, révèle les contradictions de la construction européenne, affirme le sociologue Wolfgang Streeck. Et, au-delà, le point de rupture entre démocratie et capitalisme.
Que révèle le scandale LuxLeaks ?
Wolfgang Streeck : Depuis plusieurs décennies, l’imposition des grandes multinationales n’a cessé de décroître. Mais il y a une terrible ironie à voir Jean-Claude Juncker, qui, en tant que Premier ministre du Luxembourg, était passé maître dans l’organisation de l’exil financier, devenir président de la Commission européenne et être chargé de mettre en place un projet d’harmonisation de l’impôt dans l’Union. On a cru pouvoir faire d’un mouton noir le gardien du troupeau ! Résultat : les États européens, incapables de taxer, vont devoir se retourner vers les citoyens pour les ponctionner et réduire leurs protections sociales !
En quoi le déséquilibre entre démocratieet capitalisme a-t-il atteint un point de rupture ?