Évasion fiscale / Lanceurs d’alerte

Peut-on opposer l’esprit à la lettre du droit ?

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Peut-on opposer l’esprit à la lettre du droit ?

(cc) Pixabay

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Cet article est issu du numéro 100 de Philosophie magazine « Qu’est-ce que la philosophie ? », en kiosque le 26 mai 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Des Panama Papers au procès de l’affaire LuxLeaks, les lanceurs d’alerte révèlent l’ampleur des accommodements des puissants avec la loi. Seront-ils écrasés ou contribueront-ils à mettre fin au scandale des paradis fiscaux ?

Il se fait appeler John Doe, « Monsieur X » en anglais. Il a transmis en 2015 près de 11,5 millions de fichiers de la société panaméenne Mossack Fonseca au Consortium international des journalistes d’investigation. Ces documents, dont la publication a débuté le 3 avril, révèlent le recours massif des puissants de la planète à des sociétés off-shore, afin d’échapper à la fiscalité et de dissimuler leur patrimoine. Le 6 mai, John Doe a publié un manifeste dans le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung pour expliquer son action. Trois jours plus tard, par une lettre officielle adressée à l’OCDE, le Panama annonçait qu’il acceptait de lever le secret bancaire à compter de 2018. Rarement un revirement aura été aussi spectaculaire.

De plus, le manifeste de Doe place la réflexion à un niveau inattendu : John Doe commence par se demander pourquoi les inégalités ont augmenté si vite. Nous sommes pourtant sortis de l’ère féodale ou coloniale. Pourquoi soixante-deux personnes possèdent-elles autant que la moitié la plus démunie de la population mondiale ? Réponse de John Doe : à cause de la corruption massive.

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