Les notions

L’existence et le temps

Temps de lecture : 2 min

Cet article est réservé aux abonnés.

L’existence, c’est le fait d’être. Elle se distingue de l’essence qui désigne ce qu’une chose est. À l’exception de Dieu dont l’existence est éternelle, le propre de l’existence est d’être finie, limitée dans le temps. L’existence s’oppose alors à la mort. Le temps, lui, désigne une période qui s’écoule entre deux événements. Il se caractérise par le changement (et c’est pourquoi Platon le définit comme une « image mobile de l’éternité ») et l’irréversibilité (on ne peut pas remonter le temps sauf dans la fiction, par exemple celle de La Machine à explorer le temps de H. G. Wells). Le fait, pour l’homme, de savoir que son existence est finie l’invite à méditer sur le sens de l’existence. Les philosophies qui centrent leur réflexion sur l’existence sont dites existentialistes. L’existentialisme chrétien (Pascal, Kierkegaard…) voit dans le tragique d’une existence perçue comme finie l’occasion d’une conversion à Dieu. L’existentialiste athée (Sartre) estime que la finitude n’est pas un obstacle à la liberté et que l’homme construit peu à peu son essence par ses choix et ses actes.

Exemples

Le mythe de Sisyphe

Parce qu’il a offensé les dieux, Sisyphe est condamné à rouler un rocher jusqu’au sommet d’une montagne, d’où la pierre retombe de son propre poids. Ce châtiment rend le travail de Sisyphe nécessairement inachevé, éternellement recommencé, vain. Mais c’est justement cette absence de sens qui intéresse Camus : Sisyphe est le « héros absurde » par excellence. Car, au moment où il redescend la montagne, Sisyphe pense : il contemple son tourment et, par là, surmonte son destin. L’existence est absurde mais le savoir est un gage de bonheur : « il faut imaginer Sisyphe heureux ».

Cet article est réservé aux abonnés