Bac philo 2011
Corrigés du bac philo – filière générale : “Peut-on prouver une hypothèse scientifique ?”
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Analyse du sujet et noyau de problématique
Lorsqu'un scientifique propose une hypothèse nouvelle qu'il a lui-même forgée, il cherche à apporter des preuves de sa découverte. Ainsi Galilée, au début du XVIIe siècle, a affirmé la relativité du repos et du mouvement. Cette hypothèse lui permettait de confirmer l'idée de Copernic selon laquelle c'était la terre qui tournait autour du soleil. Face à l'hostilité de nombreux de ses contemporains, il a développé tout un réseau d'arguments pour montrer qu'il était tout à fait possible d'être en mouvement tout en ayant l'impression d'être en repos. Cependant, il lui était évidemment impossible d'apporter une preuve ultime et absolue du mouvement de la terre.
Nous nous trouvons donc devant le paradoxe suivant : si l'on ne prouve pas une hypothèse, celle-ci n'a rien de scientifique. N'est-ce pas le propre des savoirs non scientifiques que de proposer des hypothèses qu'on ne peut pas prouver ? Mais si l'on prouve une hypothèse scientifique, alors on n'a plus besoin d'hypothèse : celle-ci devient une thèse admise par tous et pour tous les temps. À la limite, si l'on apporte la preuve absolue, la recherche scientifique n'a plus lieu d'être.
Il est possible de résoudre ce paradoxe en examinant la notion même de preuve. Elle peut être définie comme un fait venant confirmer ou infirmer l'hypothèse. Mais elle peut également être comprise comme un faisceau concordant d'éléments mêlant les faits et les raisonnements, dans un sens plus proche de la sphère juridique.
Dans un premier temps, nous verrons qu'une hypothèse ne peut prétendre à la scientificité que si elle apporte des preuves de ce qu'elle avance.