Aimer : Une histoire sans fin

Une recension de Sébastien Claeys, publié le

Ne cherchez pas un concept figé, une théorie ou une éthique. Gilles A. Tiberghien donne le ton dès son introduction : « Pour écrire sur l’amour, les philosophes ne sont sans doute pas les mieux placés. » Alors, peut-on parler d’amour sans sombrer dans le « bavardage » abstrait que décrit Roland Barthes dans ses Fragments d’un discours amoureux ? L’auteur répond : oui, mais en sortant du « traditionnel exposé » et en assumant le détour par le roman épistolaire pour restituer la polyphonie essentielle du sentiment amoureux. À travers les correspondances de quatre auteurs fictifs et leurs expériences personnelles, nous parcourons toutes les étapes d’un sentiment qui ne saurait se réduire à une science univoque. Une phénoménologie de l’amour se dessine là, incomplète et vibrante, comme d’infinies variations tissées sur un thème commun : « Il n’est d’amour réellement vécu que s’il est sans cesse réinventé. » Pas de point final, donc.

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