France /Démocratie

Abstention, piège à élections ?

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Une carte électorale pliée en bateau de papier

Une carte électorale pliée en bateau de papier. © Valérie Dubois/Hanslucas

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Cet article est issu du numéro 156 de Philosophie magazine « C’est quoi un bon Français ? », en kiosque le 13 janvier 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

À l’approche de l’élection présidentielle, le spectre d’une désertion des urnes inquiète en haut lieu. Pourtant, cela n’a rien d’un phénomène nouveau. Et si l’abstentionniste était moins un « mauvais citoyen » qu’une force de contestation qu’il serait urgent de pleinement reconnaître ?

 

À quelques semaines de l’élection présidentielle et en pleine pandémie, l’érosion de la participation électorale inquiète. Les dernières régionales ont produit un choc : 66,72 % d’abstention (87 % chez les 18-24 ans), un record sous la Ve République. « C’est toute notre démocratie représentative qui doute », lançait le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand au lendemain du premier tour, le 20 juin 2021, annonçant dans la foulée une mission parlementaire pour comprendre et combattre une abstention inédite dans de telles proportions.

Et si c’était l’inquiétude parlementaire qui était vraiment nouvelle ? Pour François-Xavier Arnoux, spécialiste du droit électoral et auteur d’une thèse sur l’histoire de l’abstention, « ce phénomène existe depuis que nous organisons des scrutins, dès l’époque révolutionnaire ! La participation à l’élection des États généraux est de 40 %. Elle tombe même à 20 % pour les législatives de 1791 ». Cependant, la question est vite mise sous le boisseau. « La France enchaîne les défaites militaires, et les jacobins doivent mobiliser la population pour défendre la République et la Constitution. Le Comité de salut public décide donc de supprimer les comptes rendus qui font état de l’abstention. »

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