Enquête

Alain Badiou, le grand écart

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Cet article est issu du numéro 44 de Philosophie magazine « 44 - novembre 2010 », en kiosque le 28 octobre 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Alain Badiou s’est rendu célèbre par des interventions fracassantes. Ses derniers pamphlets – De quoi Sarkozy est-il le nom ?, L’Hypothèse communiste, Éloge de l’amour, et récemment L’Explication, son dialogue musclé avec Alain Finkielkraut – ont fait sensation et caracolent en tête des ventes. Ce succès tardif – il a aujourd’hui 73 ans – est lié à la radicalité de ses prises de position. L’incandescence du propos et la verve polémique sont ses marques de fabrique. Sarkozy ? Un « flic agité », un « rat » dont le programme « travail, famille, patrie » relèverait d’un « pétainisme transcendantal ». Le débat sur l’identité nationale ? Une initiative « stupide » qui obéit à une « logique néofasciste ». La démocratie et le capitalisme ? Les alliés congénitaux d’un « spectacle malfaisant », qui instaure et légitime les « inégalités les plus monstrueuses ». Contre ces « leurres », Badiou se fait l’avocat inlassable du maoïsme, de la fidélité à la Révolution culturelle, et de « l’hypothèse communiste », en tant qu’« Idée pure de l’égalité » qui doit être réactivée en dépit des sanglants échecs du passé !

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