Entretien

Bruno Latour : “La science s’ajoute au monde, elle ne le remplace pas”

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Bruno Latour : “La science s’ajoute au monde, elle ne le remplace pas”

Bruno Latour, le 3 février 2021. © Joël Saget/AFP

Il est l’un des philosophes les plus influents au monde. Bruno Latour, auteur de Face à Gaïa et plus récemment d’un court essai sur la crise sanitaire Où suis-je ? Leçon du confinement à l’usage des terrestres (La Découverte, 2021), nous avait accordé début 2021 un long entretien paru dans notre édition de mars dernier, Philosophie magazine n°147. Penseur majeur de l’écologie, Bruno Latour revenait alors plus largement sur son parcours (initié avec une thèse de théologie, Exégèse et Ontologie), sa méthode de travail valorisant « l’enquête », ainsi que son intérêt pour le pragmatisme, « une philosophie pour le XXIe siècle ». Il nous explicitait également son concept de « relationnisme », qu’il préfère à celui de « relativisme » : « Tout phénomène s’inscrit dans un réseau de relations. L’absolutisme n’a pas sa place en science. »

La crise du Covid était également au cœur de notre échange. Bruno Latour en est plus que jamais convaincu, « il faut se déconfiner d’idées comme la croissance économique ou le progrès ». Dans cette interview qui a eu lieu chez lui, l’ancien professeur à Harvard et à la London School of Economics se livre aussi avec une rare sincérité sur son rapport très personnel à la religion, à la maladie et à la mort. Il évoque le pape François, son attachement au Vercors ou encore son rapport à son corps, sur lequel il s’interroge d’une manière nouvelle depuis sa maladie. Il croise différentes méthodes pour tenter d’en appréhender tous les « mystères » : la médecine classique, l’acuponcture et même le qi gong. Bref, un Bruno Latour comme vous ne l’avez jamais lu !

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