France / Parité

Camille Froidevaux-Metterie: “Le milieu politique, dernier bastion de résistance à la féminisation”

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Camille-Froidevaux-Metterie

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Cet article est issu du numéro 111 de Philosophie magazine « L’idéal de simplicité », en kiosque le 06 juillet 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Pour la philosophe Camille Froidevaux-Metterie, la place élargie des femmes dans la nouvelle Assemblée nationale témoigne plus largement d’une « désexualisation des rôles sociaux ».

La proportion de femmes siégeant à l’Assemblée nationale atteint maintenant 38,8 %, un record. Comment comprendre cette évolution ?

Camille Froidevaux-Metterie : Adoptée en 2000, la loi sur la parité favorise cette évolution. Pour les élections à scrutins de liste – municipales, régionales et européennes –, elle impose la stricte alternance entre candidates et candidats. Ces assemblées sont donc paritaires. Pour les élections à scrutin uninominal, comme les législatives, elle n’est qu’incitative : en cas de non-respect, les partis sont privés d’une part de leurs financements par l’État. Jusqu’à présent, les grands partis préféraient subir ces pénalités alors que les petits respectaient la loi pour des raisons économiques. Parce que la promesse de renouvellement portée par La France insoumise et La République en Marche impliquait la féminisation du personnel, leurs candidatures ont été paritaires et, plus encore, les femmes ont été désignées dans des circonscriptions « gagnables ». Cela dit, pour ces nouveaux partis qui ne bénéficient d’aucune rente de situation, l’enjeu était aussi de ne pas se priver des fonds publics. Sans ces dispositifs contraignants, je ne suis pas sûre que nous constaterions les mêmes résultats.

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