Christian Boltanski : disparition de l’artiste de l’absence

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Christian Boltanski dans son atelier parisien au mois de juillet 2009

Christian Boltanski dans son atelier parisien au mois de juillet 2009. © Paolo Verzone/Agence VU

« Mon activité depuis le début est forcément un ratage, car j’ai essayé de lutter contre l’oubli et la disparition. Évidemment, c’est vain. Dès que vous essayez de protéger quelque chose, vous le tuez. » Les mots de Christian Boltanski résonnent singulièrement aujourd’hui : photographe, cinéaste, sculpteur, plasticien connu pour ses installations, l’« artiste de la mémoire » qui n’a cessé de questionner au fil de son oeuvre l’entrelacs de l’absence et de la présence, est décédé hier. « Chacun de nous est totalement unique et extrêmement important, et tous les humains sont prodigieux, affirmait-il. Il y a le merveilleux de chacun, mais qui s’efface très rapidement. Chaque être humain mériterait d’avoir son musée après ses 60 ans. » Lui aura certainement le sien un jour. Une manière paradoxale de préserver le souvenir. Car les œuvres n’effacent pas la disparition, elles la révèlent et la soulignent au cœur même de la présence. 

Boltanski a toujours eu un pied de chaque côté des frontières. La sociologue Nathalie Heinich décryptait pour nous, il y a quelques années, cet équilibre instable entre volonté de transgression et reconnaissance institutionnelle qui fait la singularité du travail de l’artiste. 

Hommage à Christian Boltanski
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