Enquête
Comment les universités américaines répondent aux attaques de Trump
À l’université Harvard. Ville de Cambridge, près de Boston (Massachusetts), aux États-Unis. © Christian Lendl/Unsplash
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L’enseignement supérieur américain subit actuellement des pressions dignes de l’ère McCarthy. Comment y répondre ? Par la soumission, l’alliance ou la résistance ? Tour d’horizon.
Les universités américaines sont attaquées par Donald Trump. Jusqu’à présent, le gouvernement a retiré, ou menacé de retirer, plus de 12 milliards de dollars de financements fédéraux. Dans le supérieur, on licencie, on gèle les embauches, on ferme des laboratoires, tandis que Washington diligente ses enquêtes fédérales sur l’antisémitisme dans au moins dix campus. Les demandes de visas pour les étudiants étrangers ont tout bonnement été suspendues. Le président a tenu promesse. Comme il l’annonçait dans cette vidéo de campagne : « Nous allons éradiquer définitivement la folie antiaméricaine de nos institutions. » Pour Trump et ses alliés, les universités d’élite sont devenues des bastions de l’antisémitisme et des incubateurs de la pensée woke.
Après l’annulation de 2,2 milliards de dollars de crédits de recherche à Harvard et la suspension de 400 millions de contrats à Columbia, les dirigeants universitaires de tout le pays craignent que le gouvernement utilise l’arme financière pour contrôler les programmes, le recrutement des professeurs comme l’admission des étudiants. Le gouvernement a même suspendu 175 millions à l’université de Pennsylvanie, d’où sont notamment issus… Donald Trump et Elon Musk. « Ces contrats comprennent des recherches sur la prévention des infections contractées à l’hôpital, le dépistage de virus mortels, l’informatique quantique, les protections contre la guerre chimique », s’est alarmé James Larry Jameson, le président de « UPenn » dans une lettre ouverte, craignant que l’enseignement supérieur ne soit plus en mesure de promouvoir « l’intérêt général ».
“Nous allons éradiquer définitivement la folie antiaméricaine de nos institutions”
Et tandis que les dotations fédérales sont taillées à la hache, les manifestants n’envahissent pas les rues… Dans une étude publiée en février 2024, le Pew Research Center pointe que 45% des Américains considèrent désormais que les universités ont un impact négatif sur le pays, contre 26% en 2012. Michael Sandel, professeur de philosophie à Harvard, nous confiait dans cet entretien que l’Université aux États-Unis avait été trop longtemps au cœur du mensonge méritocratique des élites démocrates : « Avec l’accroissement des inégalités, une très faible mobilité sociale et un enseignement supérieur largement fermé aux enfants de familles démunies, il n’est pas surprenant que beaucoup de travailleurs américains non diplômés aient fini par se sentir insultés, humiliés et méprisés par les élites surdiplômées. »