Histoire au présent

Commune de Paris : les embarras de la mémoire

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Commune de Paris : les embarras de la mémoire

Un “Gilet jaune” brandissant un drapeau français lors d’une manifestation à Paris, le 1er décembre 2018. © Théo Legendre/AFP

La Commune a 150 ans cette année. L’insurrection des Parisiens contre un parlement hostile a débuté le 18 mars 1871. Mais comment allons-nous commémorer cette page cruciale et sanglante de l’histoire de la France ? La droite comme la gauche parlementaire sont gênés. La première n’est pas fière de Semaine sanglante, qui fit près de 20 000 morts. La seconde ne sait pas trop comment se dépatouiller avec un gouvernement qui s’est détaché de l’Assemblée nationale. Quant au président, il évite soigneusement le sujet, sauf un jour de 2018 où il déclare que la République s’était retranchée à Versailles « quand elle était menacée ». 

Mais est-ce historiquement exact ? Et sauve-t-on la République en tuant des insurgés ? L’historien et philosophe Pierre Vesperini propose une relecture passionnante d’un mouvement qui mena au massacre délibéré des communards. Un récit précis, et qui contient de la dynamite. Car, selon lui, « les données profondes d’où surgit la Commune sont toujours là »… Il suffit, pour cela, de penser au mouvement des « gilets jaunes ». Embarrassant, en effet. 

Pourquoi la Commune de Paris résonne encore dans nos esprits