Économie

Croissance verte ou décroissance ?

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Croissance verte ou décroissance ?

© Felipe/Pixabay

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Que faire face à la crise environnementale ? Selon le récent rapport Pisani-Ferry remis le 22 mai à la Première ministre, il faut accepter aujourd’hui une amputation de la croissance économique, pour assurer à terme une croissance durable et « verte ». Retour sur l’histoire d’une notion, et sur ses critiques.


 

La transition écologique est-elle compatible avec la croissance ? Tout est une question d’échéance temporelle, selon le récent rapport Pisani-Ferry.

“Dans les dix ans à venir, la décarbonation va appeler un supplément d’investissements d’ampleur […] D’ici 2030, le financement de ces investissements, qui n’augmentent pas le potentiel de croissance, va probablement induire un coût économique et social. Bien entendu, le supplément d’investissement aura, via la demande, un effet positif sur la croissance. Mais parce qu’il sera orienté vers l’économie de combustibles fossiles plutôt que vers l’efficacité ou l’extension des capacités de production, la transition se paiera temporairement d’un ralentissement de la productivité”

Rapport Pisani-Ferry, remis à Élisabeth Borne le 22 mai 2023

Par exemple, la généralisation de la voiture électrique, plus chère à l’heure actuelle que les voitures thermiques, va occasionner un coût supplémentaire pour le même service.

Cependant, avec le perfectionnement des technologies (de production énergétique, d’économie d’énergie…) et la diminution de leurs coûts, les sociétés pourraient assez rapidement renouer avec la croissance tout en réduisant leur impact sur l’environnement.

“À long terme, la réorientation du progrès technique peut conduire à une croissance verte plus forte que ne l’était ou que ne l’aurait été la croissance brune. La chute du coût des énergies renouvelables est l’indice qu’une nouvelle croissance est possible”

Ibid.

Selon le rapport, la décroissance n’est dont pas une fatalité.

“Sobriété n’est pas nécessairement synonyme de décroissance et peut de plus être source de bien-être. […] Le thème de la décroissance est trompeur, car pour les pays avancés au moins, la réalité atteste qu’il est possible de découpler croissance et émissions de gaz à effet de serre”

Ibid.

La diffusion de l’idée de décroissance serait même un écueil dangereux qu’il faut éviter :

“Si, en effet, l’objectif est bien de ramener les émissions nettes à zéro, y parvenir par la seule décroissance supposerait d’annuler la majeure partie des gains de revenu réel des derniers siècles. Nul n’imagine que ce soit possible, ni même souhaitable”

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Des sacrifices économiques aujourd’hui pour des bénéfices demain ?