Alimentation
Cultiver des bactéries pour nourrir l’humanité ?
Une glace au chocolat conçue à partir de fermentation bactérienne. © Solar Foods
Cet article est réservé aux abonnés.
L’entreprise Solar Foods a inauguré sa première usine de production de protéines à partir de fermentation bactérienne. Une petite avancée dans un monde en plein développement, et un défi qui fait vaciller nos habitudes culturelles en matière d’alimentation.
Nourrir l’humanité avec des bactéries ? C’est l’ambitieuse promesse de l’entreprise finlandaise Solar Foods. Fondée en 2017 par Vainikka et Juha-Pekka Pitkänen, la start-up a ouvert récemment la « première usine au monde qui fait pousser des aliments à partir de l’air ». Le procédé est assez simple : des millions de bactéries placées dans une cuve de fermentation produisent, à partir d’eau et de CO2, une substance baptisée « soléine », composée de protéines (65-70%), de matières grasses (5-8 %), de fibres alimentaires (10-15 %) et de nutriments minéraux (3-5%). La substance est ensuite transformée en une poudre nutritive, déjà utilisée dans certains restaurants de Singapour.
« Le fermenteur produit chaque jour autant de protéines que trois cents vaches laitières ou cinquante mille poules pondeuses », assurent les concepteurs, tout en émettant 130 fois moins de gaz à effet de serre que ce que génère la production d’une même quantité de protéine de bœuf. L’objectif est à la fois de « libérer des terres agricoles » (la culture de bactéries prend peu de place) et d’améliorer grandement le bilan carbone d’un secteur, l’agro-alimentaire, qui est l’un des principaux pollueurs mondiaux.