Demandez le programme
Dans la tête de Valérie Pécresse
Valérie Pécresse le 4 décembre à Paris, au lendemain de la primaire réservée aux adhérents des Républicains qui la désigne comme candidate à la prochaine élection présidentielle. Elle est entourée par son adversaire Éric Ciotti (à gauche) et par le président du parti Christian Jacob (à droite). © AP Photo/Rafael Yaghobzadeh
Cet article est réservé aux abonnés.
« Je suis une femme qui gagne et qui fait. » C’est ce qu’assure Valérie Pécresse. À l’issue de sa victoire lors de la primaire des Républicains, elle affiche un air déterminé à la Angela Merkel. Elle revendique d’ailleurs le pragmatisme de la future ex-chancelière allemande. Mais quelle est son identité idéologique ? Décryptage.
La Merkel française ?
La candidate s’identifie volontiers à Angela Merkel. Il y a certes une parenté entre le parti Les Républicains (LR) et l’Union chrétienne-démocrate (CDU) allemande. Valérie Pécresse défend une ligne conservatrice, se réclamant d’un héritage de la culture chrétienne – sans être elle-même pratiquante. Elle prône l’ordre et le travail comme valeurs cardinales, qu’elle associe volontiers au gaullisme social. Elle dit vouloir combattre l’insécurité et le déclinisme, loue les valeurs d’un État fort et soutient l’idée de souveraineté nationale. Elle est également adepte d’un libéralisme économique fondé sur la réussite du modèle entrepreneurial, piochant d’ailleurs de nombreux exemples chez nos voisins allemands, « surtout en matière d’innovation », affirme-t-elle.
Valérie Pécresse se définit donc comme « deux tiers Merkel, un tiers Thatcher », et n’hésite pas à évoquer également « Jeanne d’Arc », associée, elle, à l’extrême droite. Elle cherche ainsi à s’inscrire dans une lignée de « femmes de pouvoir », à la main de fer dans un gant de velours. En témoigne le livre d’entretien que lui consacre la journaliste Marion Van Renthergem (Et c’est cela qui changea tout ! Robert Laffont, 2019), autrice de plusieurs ouvrages sur l’ex-chancelière allemande – Angela Merkel, l’ovni politique (Les Arènes, 2017), et C’était Merkel (Les Arènes, 2021). L’essayiste montre que le point commun entre les deux femmes se fonde moins sur leur parcours politique ou idéologique que sur une forme de pragmatisme politique associé à une féminisation du pouvoir, dans un univers politique jusque-là occupé par des hommes.