Maladie

De quoi le hantavirus est-il le nom ?

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De quoi le hantavirus est-il le nom ?

Cap-Vert, le 6 mai 2026. Des professionnels de santé évacuent des patients du paquebot MV “Hondius” vers une ambulance dans un port de la ville de Praia. © AP/Misper Apawu/Sipa

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Si l’apparition d’un virus peu connu sur un bateau de croisière nous fait craindre le retour d’une pandémie, c’est parce qu’il a plusieurs points communs avec le Covid-19. Mais aussi, comme le pensait Jacques Derrida, parce qu’il hante nos consciences meurtries. Analyse. 


 

« Ce n’est pas un nouveau Covid », répète Christian Lindmeier, porte-parole de l’OMS. Les risques d’une propagation mondiale du hantavirus sont « absolument faibles ». Malgré ses interventions rassurantes, une panique légère s’empare des esprits au fil des dépêches relatant les péripéties du navire de croisière où le virus a fait trois morts. Même si le risque de pandémie est objectivement très improbable, l’irruption du « virus des Andes » dans l’actualité vient réveiller un trauma laissé par le coronavirus il y a six ans. La crise de 2020, qui a mis à l’arrêt la planète et engendré une vague de troubles psychologiques, a presque disparu des conversations. Mais sa présence sourde persiste dans les inconscients. Elle est prête à resurgir… comme une épidémie. Le silence autour du Covid-19 est une forme de refoulement, non pas le signe que nous en avons fini avec l’événement, mais plutôt l’indice de ce qu’il ne veut pas passer, qu’il doit être conjuré par des mécanismes actifs de défense psychique aujourd’hui ébranlés.

Quand plane le spectre du Covid

La parophonie entre le hantavirus et la hantise – qui ne partagent aucune parenté étymologique – a alors du sens. Dans la hantise, le présent est troublé par ce qui était et ce qui pourrait être. Paul Ricœur la définit comme « une modalité pathologique de l’incrustation du passé au cœur du présent » (La Mémoire, l’histoire, l’oubli). De son côté, Jacques Derrida, le penseur de « l’hantologie », écrit dans Spectres de Marx (1993) : « Au fond, le spectre, c’est l’avenir, il est toujours à venir, il ne se présente que comme ce qui pourrait venir ou re-venir. » Et d’ajouter : « Le propre d’un spectre, s’il y en a, c’est qu’on ne sait pas s’il témoigne en revenant d’un vivant passé ou d’un vivant futur, car le revenant peut marquer déjà le retour du spectre d’un vivant promis. »

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