Réseaux sociaux / Éthique
Des “profils” en héritage
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Cet article est issu du numéro 122 de Philosophie magazine « 122 - septembre 2018 », en kiosque le 23 août 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les données personnelles de nos proches peuvent-elles nous revenir après leur mort ? Ou est-ce le respect de l’intimité qui prime ?
Que devient notre présence sur les réseaux sociaux, lorsque nous mourons ? Un tiers peut-il hériter de nos « profils » comme il hérite de nos objets ? La justice allemande a tranché. Depuis 2012, les parents d’une adolescente de 15 ans, morte sur les rails du métro berlinois, réclament l’accès à son compte Facebook et à sa messagerie. Ils espèrent y trouver les raisons du décès de leur fille : suicide ou accident. Pour cela, le couple s’appuie sur une analogie avec le droit testamentaire classique, faisant des contenus sur Facebook l’équivalent des lettres et journaux intimes. Sauf que ces informations engagent les personnes avec lesquelles la jeune fille était en relation, des contenus réservés en principe aux « amis », répliquent les responsables du réseau social. Arguant du respect de la vie privée de ses utilisateurs, le géant d’Internet a donc refusé de satisfaire la demande des parents. Après des années de débat, une cour fédérale de justice vient pourtant d’accéder à leur requête. Elle leur donne raison dans un jugement rendu le 12 juillet.