Zoologie
L’héritage, ligne de partage entre les humains et les animaux ?
“Dans les sociétés de hyènes, les descendantes des femelles dominantes conservent les positions dominantes.” Hyènes tachetées (Crocuta crocuta). © iStockphoto
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La question de l’héritage est au cœur de la campagne présidentielle. Traditionnellement associée aux questions politiques, elle peut également être envisagée d’un point de vue plus ontologique. Et si l’héritage était ce qui nous distinguait fondamentalement des animaux ? Cette thèse est séduisante, mais ne recoupe peut-être pas toute la complexité du débat sur la distinction entre hérédité et héritage. Explications.
« Si l’homme est l’animal qui a une histoire, la transmission non biologique, artificielle, de caractère acquis, est l’autre nom de la culture humaine » : c’est par ces quelques mots que le philosophe Régis Debray, auteur de Transmettre (Odile Jacob, 1997), résumait la frontière, classique, autour de laquelle s’organise l’opposition de l’humain et de l’animal. Et d’ajouter : « L’héritage n’appartient qu’à l’homme. Nous sommes des héritiers. » L’animal, bien sûr, n’est pas étranger à toute transmission. Mais il transmet à sa descendance seulement par hérédité. L’humain, au contraire, peut transmettre sur le mode de l’héritage. Les deux formes de transmission sont bien différentes.
Hérédité et héritage
Ce que transmet l’hérédité, c’est un patrimoine génétique qu’il a lui-même hérité de ses ancêtres et qui façonne son propre corps. Ce patrimoine est inflexible, il ne peut être corrigé. Ce que le parent transmettra à son enfant est tout entier déterminé dès la naissance. Si ce patrimoine génétique s’enrichit, ou du moins se transforme, au cours de l’évolution, cette évolution est lente, passive et discontinue : elle se produit seulement dans les mutations qui donnent naissance au génome singulier du nouvel individu – sans que cet individu ne puisse d’aucune manière y changer quoi que ce soit.