Édito

Du bâclé, du bon et du beau

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Cet article est issu du numéro 109 de Philosophie magazine « Travail, je t'aime (moi non plus) », en kiosque le 27 avril 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Beau travail : depuis quelques jours, je réfléchis au sens de cette expression. Elle recèle un mystère. Je ne connais rien à l’art du luthier ni au métier de maçon, et pourtant, que je regarde un mur fraîchement crépi ou un violon restauré, je crois être à peu près capable de deviner si j’ai affaire, ou non, à du beau travail. Nul besoin, semble-t-il, d’être expert d’un domaine pour sentir que des règles d’excellence esthétique ont été satisfaites. L’expression est d’autant plus étonnante qu’elle pourra être employée dans tous les secteurs, quels que soient les produits de l’activité désignés : un algorithme, un poème, un business plan, un film, une présentation PowerPoint, une réparation de cordonnier ou de carrossier se verront tous qualifiés de « beau travail ». Mais alors, quels critères ? En y songeant, je me dis qu’il est nécessaire que trois conditions soient réunies pour qu’un travail nous donne l’impression d’atteindre ainsi à la beauté.

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