Entretien

Élie Barnavi : “L’assaut du 7 octobre a ressuscité la solution à deux États”

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Élie Barnavi : “L’assaut du 7 octobre a ressuscité la solution à deux États”

Elie Barnavi. © Jean-Francois Paga/Opale.photo 

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Pour Élie Barnavi, historien et ancien diplomate israélien, la Palestine ne s’efface pas au gré du conflit avec Israël. Au contraire, chaque escalade vivifie l’idée qu’un État palestinien est indispensable.


 

La poursuite du siège de Gaza ne pourrait-elle pas aboutir à une nouvelle Nakba ?

Élie Barnavi : C’est un fantasme de l’extrême droite messianique israélienne, des partis comme ceux d’Itamar Ben-Gvir et de Bezalel Smotrich qui sont en faveur d’une réoccupation pérenne de la bande de Gaza, ainsi que de la reconstruction des 21 colonies démantelées en 2005. Ils poussent aussi à la colonisation à outrance de la Cisjordanie et pensent qu’il faudrait laisser aux Palestiniens le choix entre la soumission et l’expulsion. Tout cela n’est pas la position de la droite séculaire israélienne et n’est pas au programme du Likoud, même si à la droite de la droite de ce parti, on flirte avec cette rhétorique annexionniste. Mais cela reste une minorité et le gouvernement n’envisage pas sérieusement une nakba, soit un exode massif des Palestiniens, ni en Cisjordanie ni à Gaza. La Nakba est un phénomène historique bien circonscrit dans le temps : la guerre de 1948, avec un prolongement dans la foulée de la guerre des Six Jours.

➤ À lire aussi : La Nakba vue par les « nouveaux historiens » israéliens

 

L’écrivain libanais Elias Khoury décrivait la Nakba non comme un événement mais un processus continu de confiscation des terres qui n’a jamais cessé.

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