Emmanuel Kant et le concept de Dieu
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Cet article est issu du numéro 5 de Philosophie magazine « 5 - hiver 2006 », en kiosque le 07 décembre 2006. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Si Dieu est un être parfait, il ne peut être privé d’aucune qualité, y compris l’existence. Un argument que réfute le philosophe de Königsberg en faisant jouer le bon sens des comptables contre les arguments théologiques.
Peut-on prouver l’existence de Dieu ? À cette question cruciale, Emmanuel Kant répond par la négative et entreprend de réfuter les raisonnements que la scolastique et la philosophie dogmatique ont produits avant lui. Il affirme que toutes les prétendues preuves reposent sur une seule d’entre elles, qu’il rebaptise « preuve ontologique ». Prenant le contre-pied des arguments spéculatifs, Kant leur oppose la simplicité de considérations matérielles. Quitte à mettre sur le même plan l’idée de Dieu et une vulgaire liasse de billets, car sous une apparence de subtilité se cache une escroquerie !
La preuve ontologique remonte à saint Anselme, archevêque de Canterbury au XIIe siècle, et a souvent été reprise, notamment par Descartes et Leibniz. Elle consiste à dire que Dieu étant l’être le plus parfait, il ne saurait être privé d’être, puisque l’être est une perfection et le néant, un défaut. Le concept même de Dieu, son essence, implique ainsi son existence, et la simple analyse de ce concept fait apparaître la non-existence de Dieu comme contradictoire.