La petite question
En quoi serait-il immoral d’être riche ?
“Le Changeur et sa femme”, 1539. Marinus van Reymerswaele. Madrid, Musée du Prado. © Akg images
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« Accumuler de l’argent est immoral, puisque ce qui est accumulé, c’est ce qu’on a pris aux autres », a affirmé Jean-Luc Mélenchon, samedi 28 janvier à Villiers-le-Bel. Cette diatribe du dirigeant de La France insoumise trouve son origine bien au-delà de la seule doctrine marxiste de l’exploitation capitaliste. Analyse.
Remarquons d’abord que la condamnation prononcée par Jean-Luc Mélenchon ne porte pas directement sur l’argent en tant que tel, mais sur son accumulation. On peut donc supposer que quand il se cantonne à jouer son rôle de monnaie d’échange dans une économie, l’argent n’est pas nécessairement mauvais à ses yeux : il le devient en revanche aussitôt qu’il cesse d’être un moyen pour devenir une fin en soi.
Et même si Jean-Luc Mélenchon ne l’a pas dit explicitement, on devine à demi-mot que sa critique cible particulièrement le capitalisme qui, parmi tous les systèmes économiques, est celui qui présente les dispositions structurelles les plus favorables à une telle accumulation de richesses. Dans une perspective marxiste, l’argent change de nature et se transforme en capital quand il ne sert plus à vendre et à acheter – c’est-à-dire à être dépensé – mais à être accumulé.