Politique intérieure / Djihadisme

Enfants de djihadistes français : retour impossible ?

Temps de lecture : 3 min

Des Syriens en attente de sortie du camp d’al-Hol, dirigé par des Kurdes, qui abrite des proches de combattants présumés de Daech, dans le gouvernorat d’Hassaké (nord-est de la Syrie), le 10 décembre 2020

Des Syriens en attente de sortie du camp d’al-Hol, dirigé par des Kurdes, qui abrite des proches de combattants présumés de Daech, dans le gouvernorat d’Hassaké (nord-est de la Syrie), le 10 décembre 2020. © Delil Souleiman/AFP

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 162 de Philosophie magazine « Faut-il suivre son intuition ? », en kiosque le 25 août 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Des mineurs de familles djihadistes ont récemment été rapatriés sur le sol français. Tout l’enjeu de l’État et des services sociaux sera de les aider à sortir de leur passé tragique. Explications avec le sociologue Farhad Khosrokhavar.

 

Le 5 juillet, après de longues tergiversations, la France a annoncé le rapatriement de 16 femmes et de 35 enfants, membres de familles de djihadistes français partis combattre pour l’État islamique. Il est vrai que l’enrôlement des enfants, leur mise en scène dans les vidéos de propagande diffusées par Daech ont marqué les esprits. L’un des principes les plus fondamentaux du droit en démocratie est que chacun est responsable de ses actes, pas des actes d’autrui. L’application du principe de responsabilité individuelle aux compagnes et aux enfants de djihadistes pose certains problèmes un peu subtils, que vont avoir à trancher les juges français. Ainsi, jusqu’à quel point une épouse qui assure un certain soutien matériel ou affectif à un combattant de Daech est-elle considérée comme complice d’une entreprise terroriste ? Et, dans le cas des mineurs, si leur responsabilité n’est pas engagée avant l’âge de 13 ans, la responsabilité légale des éventuels actes de cruauté qu’ils auraient pu commettre ne doit-elle pas être imputée à leur tuteur légal, donc à leur mère ?

Cet article est réservé aux abonnés