Société / Monde

Esclavage, la condition de notre liberté ?

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Cet article est issu du numéro 114 de Philosophie magazine « Comment vivre avec l’idée de la mort ? », en kiosque le 26 octobre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Non, l’esclavage n’a pas disparu, et il est présent sur tous les continents. Un rapport dresse un effrayant bilan mondial. Il braque le projecteur sur un point aveugle de nos démocraties.

40 millions. C’est le nombre d’esclaves dans le monde, selon un rapport de la Walk Free Foundation, paru en septembre. Parmi eux, un quart sont des enfants et 71 % des femmes. La majorité vit en Asie et dans le Pacifique – 25 millions –, mais le phénomène n’épargne aucun continent. Ils seraient ainsi 3,6 millions en Europe et en Asie centrale, et 1,95 million dans les Amériques. Au cours des cinq dernières années, 89 millions de personnes auraient subi une forme d’esclavage, pour des périodes variant de quelques jours à des années. Le rapport additionne les chiffres des mariages forcés, assimilés à de l’esclavage sexuel, et ceux du travail forcé – « tout travail ou service tiré d’une personne sous la menace d’une sanction et pour lesquels la personne en question ne s’est pas proposée volontairement », selon l’Organisation internationale du travail. Ce dernier représente près de 25 millions de personnes. Fondés sur un ensemble de sources internationales, ces chiffres éloquents restent sans doute sous-estimés, compte tenu de la difficulté à évaluer ce qui demeure caché.

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