Société
Et si le monde et ses techniques allaient trop vite… pour notre corps ?
© Nick Fancher/Unsplash
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Nos organismes, qui résultent d’une longue évolution, ne sont plus capables de s’adapter au rythme frénétique du progrès qui transforme à toute vitesse nos environnements, affirme une étude récente. De ce décalage, le philosophe Günther Anders avait déjà l’intuition avec son idée de « l’obsolescence » de l’homme.
Tous en “inadéquation environnementale” ?
Nos corps ne parviennent pas à s’adapter aux mutations rapides, trop rapides, de nos sociétés industrialisées : c’est la conclusion d’une étude suisse récente. Notre environnement change à toute vitesse, sous l’effet de nos actions humaines dont la portée a été décuplée par la technologie ; nos constitution physiologiques et psychiques, au contraire, évoluent lentement. Nous ne sommes faits ni pour le rythme effréné de la vie moderne, ni pour ses métamorphoses frénétiques. Les auteurs, Daniel P. Longman et Colin N. Shaw, parlent d’« inadéquation environnementale ».
À ce décalage, les chercheur de l’université de Zurich imputent une série de pathologies à l’incidence galopante : baisse des taux de fertilité, hausse des maladies inflammatoires chroniques et d’autres pathologies chroniques, etc. Les scientifiques insistent tout particulièrement sur l’épidémie de stress. Si, du point de vue de l’évolution, le stress apparaît dans les premières sociétés de chasseurs-cueilleurs comme une réponse efficace face à un danger ponctuel, nous vivons à l’époque du stress constant : les corps comme les esprits sont en permanence assaillis de micro-agressions – pollution, bruit, lumière artificielle, hyperstimulation sensorielle, pression, culte de la performance, etc. Le progrès, qui à bien des égards a amélioré nos conditions de vie, finit par nous entraîner dans une marche effrénée qui brutalise les chairs. Le pouls du monde n’est plus accordé avec celui de nos organismes.