Économie
État-providence caché et capitalisme sous perfusion
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160 milliards d’euros par an : c’est le montant annuel des aides publiques aux entreprises en France, selon un récent rapport de l’Ires pour la CGT intitulé « Un capitalisme sous perfusion ». Une réactualisation frappante du concept d’« État-providence caché », développé en 1997 par l’économiste américain Christopher Howard.
Si les chiffres considérables – 160 milliards d’aides publiques aux entreprises par an, donc – avancés par le rapport « Un capitalisme sous perfusion » peuvent certainement être interrogés, une chose apparaît certaine : quel que soit le mode de calcul et les éléments pris en compte, le soutien de la puissance publique aux entreprises s’accroît très nettement depuis plusieurs décennies. Le Covid-19 n’a fait qu’accentuer une tendance de fond que nous avons du mal à percevoir : le développement de ce que le professeur au Collège William et Mary (université de Virginie, États-Unis) Christopher Howard nomma, à la fin des années 1990, un « État-providence caché » dans son livre The Hidden Welfare State: Tax Expenditures and Social Policy in the United States (« L’État-providence caché. Dépenses publiques et politique sociale aux États-Unis », non traduit, Princeton University Press, 1997). Kezako ? Howard distingue deux dimensions de l’État-providence.