États-Unis, Newport. L'utopie de Berkeley
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Cet article est issu du numéro 60 de Philosophie magazine « 60 - juin 2012 », en kiosque le 28 juin 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
En débarquant dans le Nouveau Monde, le philosophe irlandais comptait évangéliser la jeunesse. Hélas ! le rêve américain a tourné court.
Adieu, Vieux Continent ! L’avenir est en Amérique, claironnait George Berkeley (1685-1753), à une époque où la Nouvelle-Angleterre n’attirait pas grand monde. Difficile, pourtant, d’imaginer en aventurier du Nouveau Monde ce doyen de l’Église anglicane, célèbre pour sa théorie de l’« immatérialisme » : la matière n’a pas de réalité hors de l’esprit, expliquait-il en 1710 dans les Principes de la connaissance humaine.
Idéaliste ? Certes, mais aussi entreprenant : quand son pays est secoué par un krach boursier lié au commerce colonial, il publie une Proposition pour éviter la ruine de la Grande-Bretagne (1721). Pour lui, la décadence européenne trouve son remède de l’autre côté de l’Atlantique et il est déterminé à y fonder un établissement d’enseignement chrétien qui formerait les fils de colons et les jeunes Indiens.