Hors-série "Marcher avec les philosophes"
Flâneurs et promeneurs
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Cet article est issu du Hors-série n°N°34 de Philosophie magazine « Marcher avec les philosophes », en kiosque le 21 juin 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La marche inspire les philosophes sous des formes variées. C’est ici sous les figures de la flânerie et du voyage qu’elle se présente à eux comme un exercice salutaire, voire indispensable au déploiement de la pensée. En ville, à la campagne et à la montagne.
Emmanuel Kant (1724-1804)
Son lieu de promenade journalier : Königsberg (actuelle Kaliningrad, en Russie)
C’est un rituel immuable : chaque jour vers cinq heures de l’après-midi, Kant sort se promener pour s’aérer le corps et l’esprit. Le trajet est invariable : parti de chez lui, il parcourt les jardins de sa ville natale, descend puis remonte une allée de tilleuls – qui sera rebaptisée l’« Allée du philosophe »… Selon la légende, le penseur aurait une fois seulement changé l’heure de sa sortie quotidienne, le temps de prendre des nouvelles de la Révolution qui venait d’éclater en France. En une autre occasion, la lecture de l’Émile de Rousseau l’aurait tellement captivé qu’il en aurait oublié de chausser ses bottes. Mis à part ces épisodes, c’est simple : discipline absolue.