Covid-19. Les philosophes face à l'épidémie

Giorgio Agamben : “Un réel besoin d’états de panique collective”

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Cet article est issu du numéro 138 de Philosophie magazine « 138 - avril / mai 2020 », en kiosque le 26 mars 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Dans cet article paru dans la presse transalpine, Giorgio Agamben interprète la situation italienne, avec des mesures de confinement drastiques, à l’aune de son concept phare d’« état d’exception ». Au risque de flirter avec le conspirationnisme ?

Face aux mesures d’urgence frénétiques, irrationnelles et totalement immotivées prises face à cette supposée épidémie due au coronavirus, il convient de partir des déclarations du CNR [Conseil national des recherches, le 22 février 2020] selon lesquelles « il n’y a pas d’épidémie de SARS-CoV-2 en Italie ».

Et ça va plus loin. De toute façon, « l’infection […] provoque des symptômes légers/modérés (une sorte de grippe) dans 80 à 90 % des cas. Dans 10 à 15 %, une pneumonie peut se développer, dont l’évolution est cependant bénigne pour une absolue majorité. On estime que seulement 4 % des patients devraient être admis en soins intensifs ».

Si telle est la situation réelle, pourquoi les médias et les autorités s’empressent-ils de répandre un climat de panique, provoquant un véritable état d’exception, avec une limitation sérieuse des déplacements et une suspension du fonctionnement normal des conditions de vie et de travail dans des régions entières ?

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