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Habiterons-nous tous demain dans des conteneurs ?

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Habiterons-nous tous demain dans des conteneurs ?

Résidence étudiante construite avec des conteneurs, au Havre (76), en 2012. © Nicolas Thibaut/Photononstop via AFP

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La société ariégeoise Hélisa reconvertit d’anciens conteneurs pour en faire des snack-bars ou des buvettes. D’autres entreprises proposent de les transformer en logement. Quand on sait que les conteneurs sont l’instrument privilégié de la mondialisation, on peut se demander jusqu’où ira cette « conteneurisation du monde » ?


 

Réutiliser des conteneurs pour en faire des installations électriques, des snacks ou des buvettes ? C’est la proposition de l’entreprise ariégeoise Hélisa. Elle n’est pas la seule à développer des projets de ce genre. Les logements-conteneurs, en particulier, rencontrent un intérêt croissant, comme le souligne le chercheur Rafaël Magrou dans Habiter un container ?.

Cette tendance prolonge sous une forme nouvelle ce qui a été appelé la « conteneurisation du monde ». Le conteneur est d’abord, historiquement, une invention destinée au commerce, au transport des marchandises. « Comment une simple boîte métallique de 6 ou 12 mètres de long a-t-elle pu révolutionner le monde ? », interroge le géographe belge Renaud Duterme dans son article « Et le conteneur changea le monde ». Dans une planète en pleine mondialisation, le transport de marchandise repose en grande partie sur le commerce maritime. Mais le chargement et le déchargement des navires prend beaucoup de temps – souvent plusieurs jours. « Une analyse effectuée en 1959 estimait que le temps passé à quai représentait 60 à 75% du coût du transport d’une marchandise transportée par voie maritime. »

Le triomphe du conteneur

C’est pour répondre à ce problème que l’Américain Malcolm McLean a une idée simple : « Au lieu de charger, de décharger, de déplacer, puis de recharger des milliers d’articles en vrac, pourquoi ne pas disposer le fret dans de grosses boîtes et se contenter de les déplacer ? » L’idée existait déjà depuis le XIXe siècle ; mais les caisses en bois, trop fragiles, ne sont pas « adapté[es] aux normes mondiales d’après la Seconde Guerre mondiale », note Margot. McLean met donc au point des boites en acier. Les avantages sont multiples. Le conteneur est facile à stocker et à déplacer. Plus besoin d’autant de dockers pour s’occuper de la manutention. Ces travailleurs qui, « par leur pouvoir de paralyser des ports, “représent[ent] l’avant-garde du radicalisme ouvrier” » étaient craints du patronnant, rappelle Duterme. Avec la conteneurisation, qui repose sur des machines en grande partie automatisées, cette menace s’étiole.

Les investissements de base sont certes « considérables (aménagement des quais, dragage, installation de grues, entrepôts, communications avec l’arrière-pays) ». Mais à terme, la conteneurisation permet de faire des économies importantes. « La réduction de la manutention réduisait en outre les risques de perte, de casse et de vol de la part des débardeurs. » Surtout, le conteneur est standardisé. « L’empilement de plusieurs conteneurs (jusqu’à 10 sur les derniers modèles de navires) […] va évidemment permettre d’augmenter la quantité de marchandises transportées, mais également de superposer des objets de taille et de formes diverses. » Le coût du transport, via d’immense porte-conteneurs, diminue drastiquement.

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