Pensée d'ailleurs
Hi-wa itck (Arizona)
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Cet article est issu du numéro 75 de Philosophie magazine « 75 - décembre 2013, janvier 2014 », en kiosque le 28 novembre 2013. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les Mohaves désignent ainsi la dépression de l’homme âgé trompé par sa femme. De quoi reconsidérer le concept de mariage.
Chez les Indiens mohaves d’Arizona, le cœur est le siège des émotions. Comme il peut souffrir, ils reconnaissent l’existence d’une maladie qu’ils nomment Hi-wa itck, « peine de cœur » (Hi-wa, « le cœur » en mohave). Celui qui en est affligé est néanmoins considéré yamomk, « fou », même si cette folie n’est que transitoire. Il faut dire que la culture mohave est opaque à nos traditions romantiques. Les enfants ont des relations sexuelles dès l’âge de 5 ou 6 ans ; le mariage consiste à emménager avec la personne choisie, et le divorce à simplement déménager. Le mariage mohave est si instable que la culture a instauré une règle : le fœtus peut changer de père durant sa gestation, devenant l’enfant de celui qui l’a le plus abondamment nourri de son sperme durant son séjour intra-utérin. Pour les Mohaves, l’attachement est modéré – à l’exception des jumeaux, qui sont quelquefois habités de sentiments exacerbés, et des couples, qui, ayant transgressé un interdit majeur, un inceste, sont liés par la passion. Aussi, le mariage tel que nous le connaissons, avec ses rites et ses règles, ne convient-il qu’à des couples atypiques.