Italie / Politique

Ida Dominijanni : “Giorgia Meloni, figure de l’extrême droite italienne, propose un ‘fratriarcat’”

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Mestre (Italie), le 10 septembre 2022. Giorgia Meloni, dirigeante du parti Fratelli d’Italia (“Frères d’Italie”), en meeting

Mestre (Italie), le 10 septembre 2022. Giorgia Meloni, dirigeante du parti Fratelli d’Italia (“Frères d’Italie”), en meeting. © Andrea Merola/Epa/Maxppp

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Cet article est issu du numéro 163 de Philosophie magazine « La sobriété. Pourquoi est-il si difficile de se modérer ? », en kiosque le 21 septembre 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Qui est Giorgia Meloni, cheffe de file de l’extrême droite en Italie, qui devrait sortir très renforcée des élections du 25 septembre ? L’analyse de la philosophe et éditorialiste Ida Dominijanni.

 

Quel rapport entretient Giorgia Meloni avec le passé fasciste ?

Ida Dominijanni : Née en 1977, militante dès sa jeunesse dans le parti néofasciste de Gianfranco Fini, le Mouvement social italien [MSI], elle a débordé Fini par la droite. En effet, Silvio Berlusconi a passé une alliance avec les néofascistes, en faisant entrer en 1994 des membres du MSI au gouvernement. En échange, Fini a dû rompre avec l’héritage mussolinien, ce qu’il a fait lors d’un congrès du MSI resté fameux, en 1995, le « tournant de Fiuggi ». Mais Giorgia Meloni n’a pas emprunté ce tournant. Lorsqu’on l’interroge sur Mussolini, elle glisse sur les questions, affirmant qu’il n’a pas fait que des mauvaises choses. Pour le parti qu’elle-même a créé en 2014 et qu’elle dirige aujourd’hui, Frères d’Italie, elle a pris le symbole de la flamme fasciste. Des représentants de la communauté juive italienne lui ont demandé de l’abandonner, elle leur a opposé une fin de non-recevoir.

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