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Jean-Pierre Mignard : “On peut imaginer que d’autres logiciels comme Pegasus sont en usage”

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Jean-Pierre Mignard en 2014

Jean-Pierre Mignard en 2014. © Julien Falsimagne/Opale /Leemage

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Les révélations concernant le logiciel espion Pegasus mettent en lumière l’ampleur des possibilités de surveillance offertes par la digitalisation du monde. Inquiétant mais pas surprenant, selon l’avocat et essayiste Jean-Pierre Mignard, membre du Conseil national du numérique.

 

Les révélations concernant le logiciel Pegasus vous inquiètent-elles ? 

Jean-Pierre Mignard : C’est bien sûr extrêmement grave et inquiétant de réaliser que tout ce qui relève de nos conversation privées, de la confidentialité des relations personnelles, d’affaires ou même des relations inter-étatiques soit susceptible d’être écouté et utilisé à des fins illicites. Pensez, en particulier, à l’atteinte au secret, en matière médicale notamment – ou en ce qui concerne les sources journalistiques. 

 

Ces révélations vous ont-elles surpris ?

Non, en revanche, je ne suis pas surpris du tout ! On peut imaginer que d’autres logiciels de ce type sont en usage. Nous tentons depuis longtemps maintenant de trouver des parades contres ces possibles dérives, ce qui atteste bien que les États ont conscience de tout ce qui se fait aujourd’hui. Un accord a notamment été passé aux Pays-Bas dès 1996 – l’arrangement de Wassenaar : cette convention visait à contrôler les exportations de technologies (de surveillance, d’interception, d’espionnage en particulier) dont les usages pouvaient être frauduleux et dangereux. Les technologies ont en effet toujours un usage déclaré, lié à une activité licite, légale, mais elles peuvent aussi être utilisées à des fins illicites… comme c’est le cas avec Pegasus, qui n’a pas été employé à des fins de lutte contre le terrorisme ou la traque de criminels – l’objectif affiché – mais pour épier des journalistes, des activistes, des hommes politiques, etc. La convention visait à encadrer cette duplicité des technologies.

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