Joshua Wong. Désobéissance civile à Hongkong

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Joshua Wong. Désobéissance civile à Hongkong

Studio Incendo / CC BY

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Cet article est issu du numéro 140 de Philosophie magazine « 140 - juillet 2020 », en kiosque le 18 juin 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« Mon avenir personnel n’a pas vraiment d’importance », nous confie Joshua Wong, alors que la chaîne de télévision officielle chinoise CCTV vient de le désigner comme principal responsable du mouvement de protestation qui secoue Hongkong depuis juin 2019. Il risque gros, car l’étau se resserre sur le territoire spécial. Mais à moins de 24 ans, ce jeune homme frêle à lunettes est presque un vétéran de la lutte pour la démocratie à Hongkong. Né neuf mois avant la rétrocession de la ville à la Chine, en 1997, il raconte, dans son autobiographie, La Parole enchaînée (Stock, 2020), coécrite avec le militant prodémocratie Jason Y. Ng, n’avoir jamais ressenti ni nostalgie pour une période coloniale qu’il n’a pas connue, ni attachement pour la nouvelle « mère patrie » responsable du massacre de Tian’anmen en 1989. Enfant dyslexique élevé dans un milieu chrétien et anticommuniste, il compense ses difficultés d’écriture par son talent oratoire. À 14 ans, le collégien s’élève contre l’introduction de nouveaux programmes scolaires comprenant une « éducation morale et nationale ». Il fonde le groupe d’activistes Scholarism et initie un vaste mouvement de protestation. À l’automne 2014, il s’inscrit dans le processus de désobéissance civile contre un projet de réforme électorale favorable aux candidats pro-Pékin. Le mouvement devient la « Révolution des parapluies ». À 17 ans, Joshua Wong en est l’un des visages – le mot « leader » est proscrit dans ce milieu ultra-démocratique. Cet épisode marque une étape dans la vie politique de Hongkong. Avec ses complices, Joshua Wong crée le « mouvement politique de la jeunesse » Demosisto (du grec demos, « peuple », et sisto, « se tenir debout »). Mais le pouvoir l’a dans le collimateur. Tout comme d’autres membres du mouvement, il est emprisonné plusieurs semaines pour « rassemblement illégal ».

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