Khat
Cet article est réservé aux abonnés.
Cet article est issu du numéro 82 de Philosophie magazine « 82 - septembre 2014 », en kiosque le 21 août 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La feuille de cet arbuste contient une voie vers le divin – ou une drogue… – que l’on ne peut extraire qu’en la broutant.
J’étais à Djibouti lors d’une rencontre d’écrivains. Saisi par les 45 °C à l’ombre, ravi par l’intelligence des intellectuels, j’étais là, fasciné par l’éclat d’une lumière blanche à l’infini, lorsque, soudain, une foule déferla, en camion, en voiture, en moto, à bicyclette ou en courant… les rues s’étaient transformées en fleuves humains s’écoulant en direction de l’aéroport. « Le khat est descendu ! Le khat est arrivé ! »
Tous les jours, à la même heure, un peuple entier guette l’atterrissage de l’avion d’Ethiopian Airlines en provenance d’Addis qui leur apportera La Plante. Il faut faire vite ! Elle n’est active que quarante-huit heures après sa cueillette. Chacun muni de sa botte fraîche enveloppée dans une grande feuille de bananier ira rejoindre un mabraz, lieu consacré, où il pourra « brouter » en groupe.