Biologie

La cellule minimale, clef de l’évolution ?

Temps de lecture : 4 min

La “cellule minimale” JCVI-syn3A (coupe transversale en cours de division) est un modèle de base conçu pour l’expansion

La “cellule minimale” JCVI-syn3A (coupe transversale en cours de division) est un modèle de base conçu pour l’expansion. © Illustration de David S. Goodsell/RCSB Protein Data Bank

Cet article est réservé aux abonnés.

Une équipe américaine a créé une cellule minimale à partir d’une bactérie, avant d’observer son évolution génétique. On se rend compte qu’elle évolue extrêmement vite. Est-elle pour autant la clé de l’évolution ? Réponses avec Henri Atlan.


 

C’est une double prouesse qu’a réalisée une équipe américaine menée par le biologiste Jay T. Lennon. Les scientifiques ont d’abord produit une version « minimale » du Mycoplasma mycoides (une espèce de bactérie unicellulaire) en amputant son génome de manière à lui permettre d'assurer seulement ses fonctions vitales. Ils ont ensuite observé son évolution. Au bout de trois cents jours, la « cellule minimale », qui avait perdu la moitié de sa capacité d'« ajustement » au milieu, avait régénéré l’essentiel de ses capacités. Le taux de mutation génétique s’est même révélé, au gré des deux mille générations qui se sont succédé, 39% plus important que dans le cas des cellules « normales ».

Étant donnée la vitesse de multiplication des bactéries, l’expérience, dont les résultats sont récemment parus dans la revue scientifique de référence Nature, pourrait apporter quelques enseignements sur l’évolution : on y observe, comme en accéléré, la prolifération des mutations génétiques qui en sont la source. Il faut cependant se garder des comparaisons abusives. Car la dynamique évolutive ici en jeu est assez différente de celle qui s’est déroulée à travers l’histoire naturelle du vivant.

Cet article est réservé aux abonnés
Les concepts liés à cet article

CosmosDualisme EspèceFacultéForceGenreMatièreVie