Graphique

La fracture de la confiance, source de tous les populismes?

Temps de lecture : 2 min

La fracture de la confiance, source de tous les populismes?

© WL

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 103 de Philosophie magazine « Comment surmonter ses échecs ? », en kiosque le 22 septembre 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

À suivre le baromètre mondial de la confiance 2016 publié par l’agence de relations publiques américaine Edelman, nous sommes confrontés à une crise inédite de la confiance. Il ne s’agit pas d’une chute globale, mais d’une fracture interne des sociétés à l’échelle de la planète. D’un côté, les 15 % de la population qui ont achevé des études supérieures, qui se situent dans les 25 % les mieux payés de leur tranche d’âge et qui sont de grands consommateurs d’information : ils ont une très grande confiance dans les institutions (gouvernement, médias, entreprises et ONG) – un niveau jamais atteint même depuis vingt ans. De l’autre, les 80 % constituant la « population générale » : ils sont dans un rapport de défiance grandissante (en-dessous de la barre des 50 %) et se replient sur la confiance interpersonnelle, horizontale, avec leurs proches. L’écart dans la confiance que ces deux groupes accordent aux élites n’a jamais été aussi élevé : 12 points dans le monde. Les États-Unis présentent le plus grand écart (près de 20 points), suivis par la Grande-Bretagne (17 points), la France (15 points) et l’Inde (16 points). Un écart directement lié à l’inégalité de revenus : le différentiel de confiance entre hauts et bas revenus atteint 31 points aux États-Unis et 29 en France. « Nous devons abandonner la grande illusion que les élites vont continuer de diriger et que les masses vont continuer à suivre les élites, affirment les auteurs de l’étude. Cette illusion était fondée sur la croyance que le public informé avait accès à une information supérieure, que son intérêt était interconnecté avec celui du grand public et que rejoindre l’élite était possible pour tous ceux qui travaillaient dur. Or la démocratisation de l’information, les révélations du mauvais comportement et de l’avidité des classes supérieures, couplées avec la montée des inégalités de revenus ont anéanti ces croyances. La confiance de la masse de la population ne peut plus être considérée comme acquise. » 

Cet article est réservé aux abonnés
Les concepts liés à cet article

DémocratieÉtatIdéologie PouvoirSocialisme