Politique
La primaire écologiste en cinq grands courants philosophiques
Parc de Blossac (Poitiers), le 20 août 2021. Les candidats à la primaire écologiste pour les élections présidentielles de 2022. De g. à dr. : Éric Piolle, Delphine Batho, Yannick Jadot, Sandrine Rousseau et Jean-Marc Governatori. © Isabelle Harsin/Nossant/SIPA
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Dans cette campagne pour porter l’étendard écologiste à l’élection présidentielle de 2022, les cinq candidats EELV ont cherché à se singulariser en défendant une mesure phare. Nous vous proposons un portrait philosophique de chacun d’entre eux, autour d’une grande idée qu’il ou elle incarne.
Delphine Batho : la décroissance
« Avant de parler de mesures, il faut parler du projet de société. Celui, très clair, que je porte, est la décroissance », a expliqué Delphine Batho au site Reporterre. Pour 2022, cette ancienne – et brève – ministre de François Hollande souhaite une nouvelle loi de finance indexée sur le bien-être plutôt que le PIB.
La décroissance est un concept dont l’origine est attribuée au rapport Meadows (1972) par le Club de Rome. Intitulé The Limits to Growth (Halte à la croissance), ce document parle d’un effondrement inéluctable de la civilisation si la démographie, l’activité économique et les impacts sur l’environnement sont en perpétuelle croissance.
Ce courant d’idée, qui a gagné en popularité depuis quelques années, se déploie donc sur le terrain économique, à partir d’un double postulat. D’une part, la croissance économique serait vouée à atteindre un état stationnaire car les gains de productivité auraient tendance à décroître au fil du temps. Par la suite, elle serait condamnée à se transformer en récession car les ressources naturelles deviendraient de plus en plus limitées. Organiser la production de biens et de services avec l’objectif d’une augmentation d’année en année serait donc, pour les décroissants, une aberration.
- La référence philosophique : André Gorz (1923-2007). Le philosophe et écrivain, par ailleurs auteur de Lettre à D. Histoire d’un amour (2006), est l’un des principaux théoriciens de la décroissance en France : « Il est impossible d’éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec la logique économique […] La décroissance est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie. » (article « Le travail dans la sortie du capitalisme », 2007)