La résurrection qui vient…

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La résurrection qui vient…

© Laurence et Renaud pour PM

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Cet article est issu du numéro 65 de Philosophie magazine « 65 - décembre 2012, janvier 2013 », en kiosque le 29 novembre 2012. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Dieu est à nouveau l’objet de spéculations dans le monde philosophique. Parmi les plus originales – et les plus neuves –, celle d’un jeune penseur français, Quentin Meillassoux.

J’en lèverais presque les yeux au ciel. « Nous sommes les ancêtres possibles de Dieu, et non ses créatures […]. Nous portons Dieu dans nos flancs, et notre inquiétude essentielle n’est autre que celle des convulsions d’un enfant encore à venir. » L’homme virtuellement père de Dieu, « enceint » de lui, c’est quoi cette histoire ? Je ne suis pas en train d’assister au prêche délirant d’un hurluberlu hérétique ; je ne me suis pas égaré dans le hangar d’une secte. Non, je me trouve dans un endroit on ne peut plus respectable : la bibliothèque de l’École normale supérieure (ENS), rue d’Ulm, à Paris. Sur une machine datant de Mathusalem, j’hypothèque ma vue en consultant sur microfiches une thèse soutenue en 1997 et intitulée L’Inexistence divine. Et voici qu’une nouvelle phrase me fait tiquer : « Il faut croire en Dieu parce qu’il n’existe pas. » Ai-je bien lu ? Oui, cet énoncé violemment paradoxal, un peu fou, est bel et bien inscrit noir sur blanc.

Il va tout falloir reprendre depuis le début. L’auteur de cette thèse s’appelle Quentin Meillassoux. Né en 1967, normalien, longtemps enseignant à l’ENS et depuis cette rentrée maître de conférences à Paris-1, il est l’étoile montante de la philosophie française, en même temps que son secret le mieux gardé. Car l’homme est plutôt discret dans les médias – c’est un euphémisme – et sa bibliographie succincte. Deux livres à son actif. En 2006, il a présenté sa pensée dans Après la finitude (Seuil), qui a déclenché un miniséisme dans le landernau philosophique. Le cador de l’ENS, Alain Badiou, l’adoube, affirmant qu’il fraie « une nouvelle voie » dans l’histoire de la pensée – rien de moins. Dans le monde anglo-américain, où ses ouvrages sont rapidement traduits, on le commente avec passion. Cela étant, aucune trace explicite dans Après la finitude de sa proposition extrêmement singulière sur la question de Dieu. À ce sujet, on dispose d’un bref article paru dans la revue Critique (« Deuil à venir, dieu à venir ») et donc de sa thèse, devenue culte – le texte dont tout le monde (ou presque) parle, mais que personne (ou presque) n’a lu. Perfectionniste, Meillassoux ne cesse de la remanier, avant de faire le grand saut, et, peut-être, un jour, de la publier.

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