Politique
La souveraineté numérique est-elle l’enjeu du siècle ?
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Avec le développement de l’intelligence artificielle, notre dépendance à l’égard de la technologie ne cesse d’augmenter. Au risque de nous vassaliser par rapport aux grandes puissances numériques, à commencer par les États-Unis ? La solution passe peut-être par la redéfinition de notre souveraineté.
La France a récemment annoncé sa volonté de faire progressivement migrer son administration de Windows vers Linux, un système d’exploitation open source. Ce choix participe d’une dynamique générale en Europe, ou ailleurs dans le monde : de nombreux États cherchent à échapper à l’emprise des outils et des services numériques des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), ces méga-firmes de la tech, sur lesquels reposent de plus en plus l’exercice concret de la souveraineté et le fonctionnement des administrations étatiques. Du système d’exploitation au cloud en passant par les IA et, pourquoi pas, le matériel informatique lui-même, le souci d’indépendance s’affirme dans toutes les dimensions du numérique.
Dépendance à l’égard des États-Unis
L’assujettissement aux géants du digital pose en effet de nombreuses questions, à commencer par celle de la captation de données potentiellement sensibles dont on peut redouter les usages potentiels par les Big Tech (la vente des données de santé aux compagnies d’assurance, par exemple). Même si les Gafam, souvent imprégnés d’idéologie libertarienne, revendiquent une autonomie politique, ils n’en demeurent pas moins des entreprises américaines, si bien que la dépendance à leur égard est aussi, en un sens, une dépendance à l’égard des États-Unis. Le risque d'un kill switch, d'un arrêt brutal des services numériques dont dépendent les autres États est de plus en plus évoquée. La question se pose de même dans des secteurs sensibles comme le militaire : les systèmes électroniques embarqués dans les chasseurs F-35 sont par exemple reliés aux serveurs du constructeur Lockheed Martin, sous surveillance du Pentagone.