France / Politique
L’âge du consensus par recoupement est-il venu ?
Photo d'illustration. Séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 22 février 2022 à Paris. ©Isa Harsion/Sipa
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Cet article est issu du numéro 161 de Philosophie magazine « Peut-on être lucide et heureux ? », en kiosque le 07 juillet 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
La nouvelle répartition des forces politiques au sein de l’Assemblée nationale laisse à penser que le « en même temps », c’est maintenant. Explications avec le philosophe américain John Rawls.
Au lendemain des élections législatives qui ont privé le président de la République d’une majorité stable au Parlement et le confrontent à deux oppositions fortes, celle du Rassemblement national (RN), avec 89 députés, et celle de la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale (Nupes) avec quelque 130 représentants, l’hypothèse a surgi d’une reconfiguration de la vie politique autour de la vie parlementaire. Comme l’a suggéré le ministre et député réélu de justesse Stanislas Guerini, « les Français ont quasiment fait le choix de la proportionnelle par anticipation […]. Il va falloir une capacité à créer du consensus, à créer du compromis à l’Assemblée. » Ce chef de file de La République en Marche, mouvement qui n’a jamais brillé par sa culture du compromis, a affirmé que le nouvel art politique exigé par la situation repose sur une « capacité à créer du consensus », « texte par texte » : cette déclaration touche sans doute au cœur de la difficulté. Comment imaginer que les députés des différentes oppositions, qui ont un projet de rupture avec celui d’Emmanuel Macron, puissent demain participer à la fabrique des lois ?