Au fil des âges

L’âge a-t-il un sexe ?

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Cet article est issu du numéro 29 de Philosophie magazine « 29 - mai 2009 », en kiosque le 30 avril 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’identité personnelle reposait jadis sur deux piliers inébranlables : le sexe (ou, comme on dit aussi, le genre) et l’âge. Ils donnaient à chacun des rôles bien déterminés impliquant des comportements prédéfinis. Homme, femme, enfant, jeune, vieux : chaque catégorie définissait un code de conduite, un mode de vie et des attitudes attendus. Il fallait être de son genre et faire son âge. Gare à celle ou celui qui tentait de s’en écarter ! À l’heure actuelle, ces codes semblent s’être extraordinairement brouillés. Les femmes, dit-on, se masculinisent, les hommes se féminisent, les enfants sont jeunes de plus en plus tôt, et les vieux aspirent à le rester de plus en plus tard. À la certitude très contraignante d’autrefois succède une liberté bien angoissante. Certes il faut « être soi-même » avant tout – c’est-à-dire quel que soit le genre et à tout âge –, mais quel est ce moi que je suis censé être ? Face au problème de cette identité plus incertaine que jamais, on aurait pourtant tort de mettre au rebut le sexe et l’âge comme autant d’habits démodés. Ils sont sans doute devenus « customi-sables », mais ils n’ont pas disparu. Voici deux indices pour tenter de s’en convaincre.

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